Conférence "LA CULTURE ROUMAINE DANS LE CONTEXTE EUROPEEN" donnée par S.E. M. Razvan THEODORESCU,
Palais des Nations - Genève, le 16 décembre 2002 |
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Il y a plus d'un demi-siècle, le grand historien français
Ferdinand Lot, évoquant la création de notre continent - ce
que, vers la même époque, son collègue britannique Cristopher
Dawson appelait, dans un livre célèbre, "The Making of Europe"
-, évoquant les invasions barbares et le peuplement de l'espace
d'entre l'Atlantique et la Mer Noire, parlait d'"une énigme"
et d'"un miracle historique: le peuple roumain".
Cette énigme d'une synthèse latine dans un océan slave et fino - ougrien, ce miracle qui - à un carrefour des civilisations, mais aussi bien des guerres, des empires dominateurs et des fléaux de toute sorte - a sauvegardé une langue et une formule étatique représente le noyau même d'une histoire. L'histoire qui nous a forgé comme mentalité il y a quatre siècles - c'est-à-dire au début de la première mentalité des Roumains -, qui nous a crée comme nation depuis deux siècles presque, qui nous explique, en partie, les comportements collectifs et individuels, politiques et métaphysiques; éthiques et esthétiques, dans les crises successives de la société européenne depuis plus de cinquante ans (et qui sont en train, espérons-le, de prendre fin avec la création d'un monde continental plus unitaire, à la fois euro-atlantique et euro-méditeranéen). Et encore, je crois, cette histoire est la seule apte à expliquer, sans passion aucune, tant d'ombres et des lumières qui ont brossé le portrait psychologique d'un peuple, sa voie particulière de s'individualiser dans un monde où, du point de vue ethnique et linguistique, les Roumains ne ressemblent guère à leurs voisins. Un monde que j'ai appelé jadis "la deuxième Europe". Donc, dans cette moitié du continent séparée, il y a seize siècles, par un clivage mental, d'un Occident pragmatique et aristotélicien, attachée au mystère apophatique descendant de la pensée platonicienne, mais aussi bien à l'économie agraire et aux nationalismes exacerbées, aux traditions impériales et aux absolutismes ci et là, aux républiques présidentielles également. J'ajouterais encore, dans une moitié de continent où les Roumains ont affirmé de bonne heure un des traits majeurs vraiment distinctifs de leur civilisation, à peine cité, en l'occurrence la latinité - le second étant, selon moi, le statalité - par la seule orthodoxie latine et la seule latinité orthodoxe du monde, gardant, depuis l'ethnogénèse encore, le souvenir d'une sédentarité sur une "terra" (une "tara") bien définie, aux pays ("tari") - fort ressemblant aux cantons suisses du moyen âge -, aux paysans ("tarani") qui ont marqué toute l'histoire roumaine, de même que le souvenir d'un christianisme populaire dans le mot désignant l'édifice sacré, "biserica", rappel bien connu - mais singulier parmi les langues néo-romanes du latin "basilica", avec des échos dans l'équilibre et l'absence d'ostentation des architecture et de la chromatique - qui évitent complication décorative, choc des complémentaires, dimensions colossales -, dans l'individualisme des habitants des villages ou bine des monastères, tel qu'on les connaît depuis l'époque de la fondation des Etats au XVI-e siècle. J'ai évoqué tout à l'heure, comme un complément de cette latinité, l'orthodoxie. J'ajoute tout de suite que par cette orthodoxie dominante - entourée par des îlots catholiques et protestants -, la civilisation roumaine, l'être roumains dirais-je , appartiennent à l'héritage spirituel romano-byzantin, appartiennent à cette "Byzance après Byzance" identifiée jadis par Nicolae Iorga, appartiennent au Sud-Est européen - qu'on ne doit jamais confondre avec les Balkans (qui ne représentent qu'une partie de ce Sud-Est, à côté de l'espace carpato-danubien justement -), appartiennent, enfin, à l'Europe centre-occidentale. Néanmoins, les ouvertures vers l'espace de l'Europe centrale, catholique et protestante, furent toujours significatives par le truchement des terres roumaines de la Transylvanie et du Banat où orthodoxie et calvinisme, confession luthérienne et Eglise de Rome coexistent dans un climat de tolérance, de vraie "Europe en miniature" où l'on n'a jamais abouti aux conflits sanglants qui marquèrent ailleurs l'Europe religieuse, depuis la nuit parisienne de Saint-Barthélemy jusqu'aux jours terribles de Sarajevo. Située pour des siècles dans l'ordre interimpérial de la Russocratie, de la Turcocratie et de l'Austocratie, la communauté roumaine a vécu sa foi orientale dans cartésianisme occidental avant la lettre, dans une sorte d'équilibre entre le monde de Dieu et cette terre des hommes, refusant les enthousiasmes mystiques, refusant les attitudes hérétiques bruyantes tellement prisées dans les Balkans, en Russie, donc dans les milieux grecs et slaves, depuis les moines d'Athos jusqu'à Dostoievski; refusant également la practique des canonisations des leaders spirituels et politiques, refusant enfin les fastes des morphologies monumentales qu'on trouve ailleurs en Europe orientale, à Pliska, à Kiev, à Alba Regia, toujours en rapports avec l'acceptation du christianisme par des peuples nomades, devenus à peine sédentaires (ce que ne fut jamais le cas des Roumains, chrétiens depuis leur ethnogenèse, depuis les temps de Rome et la première Byzance). L'idéal esthétique de l'orthodoxie roumaine reste attaché à l'échelle humaine qui représente, en quelque sorte, l'amour pour l'être humain, ce que les Anciens appelaient la "philanthropie"; c'est l'idéal de la clarté des formes et des structures, tandis que ses traditions sont celles de la tolérance qui conduit aux synthèses stylistiques et à une heureuse rencontre du sacré et du profane (d'ailleurs, c'est pas par hasard que ce fut un Roumain, Mircea Eliade qui dédia un livre fameux à cette coexistence fondamentale au niveau de l'anthropologie religieuse); cela, il faut l'ajouter, mena à des subtiles formules esthétiques des églises anciennes, d'extérioriser les espaces liturgiques des prières, ouverts par leurs architectures, par leurs iconographies vers la nature, comme nulle part ailleurs dans la civilisation est - européenne. Dans la "découverte" est-européenne par les élites occidentales, qui corresponde, dans ses lignes générales, à l'époque d'entre 1500 et 1800, une place spéciale fut tenue par cet îlot isolé de romanité orientale représenté au Quattrocento par ceux qu'étaient, pour les humanistes italiens tel Flavio Biondo, pour les papes cultivés tel Pie II Piccolomini ou pour les chroniqueurs de la Byzance tardive, tel Chalcocondyle, les "Daces" ou les "Valaques". Voyageant dans cet espace qui fut un réservoir de croisade antiottomane - active au XV e siècle par des princes croisés tel Jean de Hunedoara le Transylvain, Vlad l'Empaleur le Valaque, Etienne le Grand le Moldave -, un Padouan du XVI e siècle, Francesco de la Vale se faissait raconter, par les … du monastère de Dealu, "tutta l'historia" de l'arrivée des Romains dans le pays des Daces, cet Italien étant le premier étranger qui cite dans un texte une sentence en langue roumaine montrant une parenté culturelle entre les vastes frontières d'une romanité qui se cherchait partout ses propres et vénérables débuts latins à l'âge de l'humanisme. Pour l'historien de la civilisation roumaine presque chaque témoignage d'un voyageur comprends des informations et des nuances dignes d'intérêt, même lorsque l'"image de l'autre" se trouve altérée par des préjugés religieux et politiques. Des secrétaires princiers recrutés surtout d'Italie et de France, des dignitaires de la Grande Eglise de Stamboul ou des patriarcats orientaux, des hiérarques catholiques du Sud-Est européen ou des simples militaires des armées ottomanes, des révérends et des marchands protestants ou des moines jésuites, des généraux étrangers à la solde des Empires de l'Est ou bien des seigneurs amateurs d'exotismes partis de l'espace britannique ou wallon nous ont laissé quantité de pages où la culture, l'intelligence, les intérêts de chacun sont évidents à travers ces impressions de voyage, à travers la façon de voir et de comprendre cette romanité lointaine des Carpates et de la Mer Noire qui avait ses propres cours souveraines - les seules en Europe sud-orientale -, des monuments remarqués pour leur unicité, des richesses innombrables d'un sol et d'un sou-sol d'où les maîtres du pays et l'Empire suzerain prenaient presque tout. D'ailleurs, le contraste roumain entre ubérité de la nature et vexations de l'histoire est un lieu commun de la littérature de voyage aux débuts des temps modernes, continuant avec les reportages des journalistes de nos jours. Arrivés sur une terre que ressemblait très peu à la leur, pas mal de ces voyageurs - parmi les plus cultivés - remarquerons, en tout premier lieu, l'effort des Roumains d'ériger les signes durables de leur existence historique: ce sont des monuments représentatifs pour la politique et la foi, palais et églises, qui pourraient exprimer un autre visage que celui offert par cet Islam qui paraissait tout écraser à l'Est de l'Adriatique et des Portes de Fer danubiennes. Ces monuments, conservés ou bien disparus, reflétaient certaines attitudes et idéologies monarchiques, certains éléments du mental collectif et des croyances (tel les fameuses peintures extérieures moldaves du XVI e siècle), étaient des symboles du pouvoir princier souverain des cours de Târgoviste et de Bucarest, de Suceava et de Iasi (nous avons la dessus les preuves fournies par des voyageurs suisses francophones et germanophones tel le peintre du Genève Jean Etienne Liotard et l'historien Franz Iosef Sulzer), un pouvoir resté - de même que celui des tsars de Moscou - le seul protecteur moral et matériel de l'orthodoxie descendante de la Byzance impériale. Il s'agit de ces princes de Roumains de l'époque pré-moderne, ceux qu'un voyageur tel l'Allemand, au service de Suède du temps de Charles XII, Erasmus Heinrich Schneider von Weismantel, évoquait vers 1709-1710: "chaque prince, tant qu'il règne, est un souverain comparable à n'importe quel autre prince européen". On arrive de la sorte à cette statalité déjà évoquée qui représente un trait distinctifs de l'ancienne civilisation roumaine, la seule qui a su garder, dans le Sud-Est européen, princes régnants, dynasties, insignes du pouvoir, créant une "méntalité transactionelle" qui marqua notre passé même; un passé assez instable, si l'on se rappelle les paroles d'un Florentin qui nous a bien connu, Anton Maria del Chiaro, qui disait, il y a trois cents ans, exactement ceci: "Dobbiam considerare queste due provincie Moldavia e Valachia a guisa di due navi in un mar tempestuoso". La dite "mentalité transactionnelle" vient, dans la première modernité roumaine, de la particularité essentielle que dans l'ensemble de l'Europe orientale et centrale - à l'exception impériale de la Russie -, ce ne fut qu'ici, au Bas-Danube, qu'on conserva sans interruption aucune, un état organisé, avec ses propres dirigeants, des souverains indépendants jusqu'à l'époque de la Turcocratie, des souverains autonomes ensuite, à partir du XVI e siècle, à Bucarest, à Iasi, à Alba Iulia. Tout cela se passait lorsque, tour à tour, la Bulgarie au XIV e siècle, les pays grecques, la Serbie, la Bosnie, l'Albanie, le Monténégro au XV e, la Hongrie aux XVI e, le Pays Tchèque au XVII e, la Pologne au XVIII e siècle, disparaissaient de la carte européenne en tant qu'entités politiques indépendantes, tombant sous différentes dominations, turque ou autrichienne, russe ou prussienne. Pour sauvegarder ces Etats roumains, pour l'obtention des trônes, les transactions permanents sont devenus une nécessité absolue à l'époque ancienne, avec une extension significative au siècle des révolutions démoniaques, que fut le XIX e siècle, et surtout au siècle des régimes totalitaires - carliste, légionnaire, maréchaliste, communiste - que fut le XX e qui créa le fameux culte de la personnalité et l'attachement au leader sotériologique, créant, à son tour, une mentalité très complexe, encore résiduelle dans notre présent démocratique et européen. Un aspect entièrement et profondément européen de la civilisation roumaine reste la capacité remarquable des intellectuels roumains d'exprimer par leurs biographie et leurs œuvres à la fois deux , trois ou plusieurs cultures du continent. L'appartenance à plusieurs cultures fut, pour bon nombre d'intellectuels roumains, une preuve d'européanité foncière et elle peut être suivie depuis la Renaissance jusqu'à notre époque. Nicolas le Valaque ("Olahus") à Bruxelles, comme prélat hongrois d'origine roumaine, correspondant avec le grand Erasme ou bien, toujours ici, Maximilien le Transylvain ("Transylvanus"), premier chroniqueur, par son "De Molucis insulis", du fameux voyage autour de monde commencé par Magellan, préparaient au XVI e siècle, à l'Extrême Occident, l'action en Orient européen, au XVII e siècle, d'un Pierre Movila, le fils de prince roumain devenu métropolite à Kiev, créateur d'une école académique où l'on jouait des pièces baroques et où l'on éduquait la future génération réformatrice de la Russie de Pierre le Grand ou bien celle d'un Nicolae Milesco, voyageant entre Paris et Pékin, entre Stockholm et Moscou, "vir poliglotus, pereruditus", présentateur de la doctrine orthodoxe dans le Paris de Louis le Grand lors des controverses entre Jansénistes, Jésuites et Huguenots (à ce propos, n'oublions pas que sous l'influence des collèges jésuites de Pologne, les humanistes et les historiens moldaves tel Grégoire Ureche et Miron Costin ont fait la découverte livresque des origines roumaines dans la vénérable Rome antique, ce qui sera affirmé encore plus fort dans le centre spirituel de Blaj, en Transylvanie, par les Roumains gréco - catholiques du XVIII e siècle). Enfin, toujours à l'époque ancienne, le prince roumain Démètre Cantemir se rangea parmi les fondateurs de la musique turque, fut élu - en tant que lettré russe - dans la fameuse Académie de Berlin avec sa "Descriptio Moldaviae", parmi tant de "descriptiones" que la science prussienne prisait fort, tandis que son appartenance à la culture nationale et européenne fut hautement illustrée, avant et après 1700, par son roman baroque "L'Histoire hiéroglyphique" , par sa chronique dédiée à l'ancienneté des Roumains dans les pays daco-romains, par sa magnifique histoire de l'ascension et de la décadence des Ottomans, traduite en anglais français et allemand dans les années '30 et '40 d'un "Siècle des Lumières" qu'il influença en quelque sorte (préfaçant, ainsi, les grands ouvrages d'envergure européenne du XX e siècle, d'un Nicolae Iorga avec son "Historiologie humaine" et d'un Xenopol avec sa "Théorie de l'histoire"). Cette appartenance culturelle multiple, spécifiquement roumaine, fut un trait majeur de ce même XX e siècle. Dans le monde des lettres, l'avangarde européenne, ciblée sur Paris, doit beaucoup aux créateurs révolutionnaires nés sous les cieux de la Moldavie et du Bas-Danube: Tristan Tzara, initiateur, avec Hans Arp, du mouvement dada?ste, au cabaret "Voltaire" de Zürich en février 1916; Benjamin Fondane - poète et essayiste mort à Auschwitz, auteur de "ciné-poèmes" et du "Faux traité d'esthétique", fort attiré par le film et la philosophie; Ilarie Voronca, créateur de revues d'avangarde où collaborèrent - venus de l'horizon d'une visualisé débordante - d'autres Roumains célèbres, le peintre Victor Brauner, créateur d'un imaginaire tragique, cauchemardesque presque, peuplé d'un bestiaire incomparable; Marcel Iancou, architecte, dessinateur et peintre cubo-futuriste, devenu ensuite un artiste presque national en Israël, initiant la colonie d'artistes d'Ein Hod. Ils sont, tous, issus d'une culture qui donna naissance à l'incomparable patriarche de la sculpture mondiale du XX e siècle, Constantin Brâncusi, celui qui allia les archétypes du monde primitif et rural aux raffinements alexandrins et à l'essence pure des êtres et des objets, celui dont l'œuvre qui se trouve dans des collections roumaines, européennes et américaines, aussi bien que dans l'ensemble commémoratif de Târgu-Jiu - le plus important dans l'art moderne -, était du "folklore sans pittoresque ", "mystère … au-delà de la culture, des académies, des musées". Les paroles à peine citées appartiennent à Eugène Ionesco un autre Roumain appartenant à la France également - comme Brâncusi lui-même -, surgissant dans la littérature mondiale en 1950 avec "La cantatrice chauve", anticipée en roumain par un "anti-pièce" de 1943 - et devenu un des immortels en 1970, comme membre de l'Académie Française. Dans sa génération, à la fois illustres dans les cultures roumaine, française, américaine et ibérique - exilés, comme Ionesco, à cause des régimes totalitaires établis à Bucarest en 1940 - se trouva le grand styliste de la langue de Molière qui fut le philosophe Emil Cioran, le "douteur" par excellence devenu fameux avec son "Précis de décomposition" de 1949, Mircea Eliade, l'historien des mouvements spirituels, dont la carrière internationale comprend l'arc temporel entre "Le mythe de l'éternel retour" de 1950 et l'"Histoire des croyances et des idées religieuses" des années '70 du XX e siècle, enfin Alexandre Cioranesco, historien de la littérature et humaniste accompli, professeur aux Canaries, autorité dans l'étude de la Renaissance et du Baroque et changeur de perspective sur la personnalité d'importance planétaire que fut Christophe Colomb. Le public cultivé est trop au courrant avec ce que, en matière d'art musical, représenta, en Roumanie et en France, Georges Enesco, auteur, entre autres, de l'opéra "Oedipe", mise en scène pour la première fois, en 1936, à Paris ou bien le grand pianiste Dinu Lipatti, professeur au Conservatoire de Genève. Dans cette même ville profondément européenne où le grand diplomate roumain Nicolae Titulesco, président de la Ligue des Nations deux fois, cas unique, en 1930 et 1931, un des rares symboles démocratiques du continent, face à un monde totalitaire que tous ceux cités, peintres, essayistes, poètes, philosophes, architectes, sculpteurs, compositeurs, interprètes venus de Roumanie et devenus citoyens de l'Europe, ont combattu, parfois jusqu'à une fin tragique. En leur rendant un hommage mérité, ici, dans les pays des libertés et de la tolérance multiséculaire, il faut qu'on n'oublie jamais notre présent imbu de leur héritage à la fois roumain et européen, sans ignorer, pour aujourd'hui et pour demain, la place des Roumains dans une Europe où ils se sont formés, aussi bien que leur dialogue avec une autre Europe vers laquelle ils regardent. |
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