World Summit on Information Society

Geneva, 11 December 2003

  

Allocution

de S.E. M. Ion Iliescu

Président de la Roumanie

 

Distingués participants,

Mesdames et Messieurs,

 

Tout d'abord, je voudrais exprimer ma satisfaction pour les résultats du processus complexe et de longue durée, qui a conduis aux travaux de cette première phase de la Conférence de haut niveau concernant les objectifs, les structures et les priorités de la " Société de l'Information " au niveau global. J'apprécie que, dans le cadre des actions préparatoires, un large consensus s'est fait jour sur la nécessité d'adopter des mesures urgentes visant à transformer les nouvelles technologies de l'information et de la communication en instruments à même d'accélérer le développement de tous les Etats au bénéfice de tous les citoyens de la planète.

 Les Etats, les gouvernements et les nations ont pris note du fait que la dissémination des moyens de calcul et la généralisation des systèmes de communication changent d'une manière radicale la nature des processus de décision et de communication, ainsi que le caractère du travail, tout en mettant la créativité au centre de l'action de toute structure économique, sociale et administrative. Les connaissances représentent l'instrument principal de la création du bien-être des nations et le capital humain leur principale ressource.

 Les technologies modernes ouvrent la voie à de nouvelles formes de gestion et d'échange. Nous sommes les témoins des transformations majeures des rapports sociaux. Tous ces changements ont lieu dans le contexte de l'accélération et de l'approfondissement de la mondialisation économique.

 Ce que nous définissons par le terme " la Société de l'Information " représente un nouveau modèle de développement économique et social - avec des conséquences importantes y compris sur le plan politique, du fonctionnement démocratique de la société et de l'Etat de droit - capable de répondre aux défis auxquels nous nous confrontons à l'aube de ce siècle et millénium.  

 Dans la " Société Informationnelle " il n' est plus possible d'aborder les problèmes du développement et de la croissance économique en utilisant les termes et les instruments spécifiques de la " Société Industrielle ". Dorénavant, " le capital social ", les ressources humaines, intellectuellement inépuisables et qui sont à notre portée, auront un rôle déterminant. Cette évolution change les priorités politiques publiques en matière d'éducation et d'utilisation de la force de travail et augmente l'importance des partenariats publiques-privés. La complexité croissante des économies et des sociétés post-industrielles, l'impossibilité pour les gouvernements, les structures de la société civile, les communautés d'affaires et scientifiques d'utiliser au maximum le potentiel de ces nouvelles technologies et opportunités imposent le développement d'un projet qui devrait les inclure et les déterminer à coopérer sur la base de leurs compétences et avantages comparatifs spécifiques.

 J'ai souligne ces idées à l'occasion des travaux de la Conférence Régionale Ministérielle Pan - Européenne qui a eu lieu à Bucarest en novembre 2002, en tant que partie du processus préparatoire du Sommet. C'est à cette Conférence que la Roumanie a introduit dans l'agenda du Sommet la recherche technologique et les mass-media, en les considérant des pièces de résistance du développement de la société informationnelle. A cette occasion j'ai apprécié les efforts de l'Union Européenne pour présenter une stratégie unitaire de développement de la " Société Informationnelle ". Le Sommet de Lisbonne a entériné les buts et a défini les priorités de l'Union Européenne sur le plan économique, social et technologique. Les pays candidats à l'UE se sont alignés à ce processus, tout en déployant des efforts visant à combler leur retard dans le domaine de la technologie de l'information, de l'Internet, des communications fixes et mobiles, de la gouvernance électronique.

 Pour la Roumanie, la " Société Informationnelle " représente l'une des chances de réduire les grands décalages de développement qui nous séparent des pays développés. Le problème des décalages de développement est devenu un problème global qui requiert des réponses globales. Ce n'est pas par hasard que les Sommets de Monterrey et Johannesburg ont eu comme sujets ces problèmes, la solution desquelles représente une contribution déterminante pour le développement durable.

 La Conférence de haut niveau sur la Société de l'Information représente une suite logique des efforts de l'Organisation des Nations Unies et des pays membres visant à identifier les meilleurs moyens pour réduire les décalages. A la polarisation sociale, à la fracture qui sépare les riches et les pauvres s' ajoute aujourd'hui ce que nous appelons la fracture numérique, ''digital divide'' le décalage entre ceux qui ont accès aux connaissances, aux informations, à l'éducation de qualité, et ceux qui n'en bénéficient pas. La fracture numérique peut accentuer le processus de paupérisation lorsqu'il n'y a pas de mesures visant à contrecarrer une telle évolution. De ce point de vue, la " Société Informationnelle " doit représenter un instrument visant à accélérer les processus de développement durable au niveau global et a faciliter la bonne gouvernance avec le but fondamental de réduire les grandes décalages économiques et sociales dans le monde.

 

Ladies and gentlemen,

 Being confronted with problems regarding transition from a state centralized economy to free-market economy, such as weak institutional capacities and also by red tape and corruption, Romania introduced, within the last two years, the instruments of the electronic governance at the level of central and local administrations, including electronic tenders for public procurement. The outcome is promising from the standpoint of costs, efficiency, as well as transparency. Romania has designed and implemented a strategy of developing of promoting the knowledge based society, and places great emphasis on education. By 2004, the Romanian schools will be equipped with about 500,000 computers. We strongly develop, also in the field of education, the software industry, that we consider a genuine engine of the sustainable economic growth. Our expertise in the field makes us believe that it is necessary to define an agenda of digital solidarity that should be sustained by mechanisms that stimulate and motivate the public and private actors to effectively use the nations' resources of creativity. The optimal allocation of resources remains a real challenge for the sustainable development of the Romanian society in compliance with the ITC requirements.

 Information technologies by themselves do not solve the problems and are not a panacea. They can only intensify the positive phenomena and processes, if used rationally, within open political and economic systems, that seek for the optimum from the social costs standpoint. In other words, the information society is genuinely democratic.

 There is a most direct link between development and democracy. The structures of the information society allow for the development of some new forms of social solidarity, community life and direct democracy. We have the opportunity to create a democratic society at the global level, by generalizing the citizens' rights and freedoms and setting up the world wide civil society, as a pro-active factor oriented towards reducing the economic and social gaps.

 In this process, Europe, in full swing of reunification and creation of a European identity, is called to play a key-role, by reducing the existent economic gap inside the European continent, thanks to the European social model, that mixes the prerequisites of the economic development with the needs of an effective social protection. The social dimension is a determining element of the Information Society, entailing the existence of some available state - of - the art public education services and a broad base for the recruitment of the political, economic and cultural elites, as well as systems of social solidarity. In this context, Romania is constantly improving the offer of the services available on-line for an increasing number of users.

 I consider that the WSIS represents a great opportunity for clarifying and facilitating the consensus on the key issues of the knowledge - based society, founded on large public - private partnerships. By the organization of the second phase of this summit in Tunisia, a clear signal was conveyed regarding the special heed paid by the international community to the reinsertion of the African continent in the scientific and technological dynamics at the global level.

 Globalization through promoting "the information society for all" does not mean to diminish the diversity and the vigour of local cultures, on the contrary. ITC represents, of course, a reliable engine for the economic development. But it cannot solve, by itself, the complex social problems we are facing on short and long term, and, in particular, the big gap between rich and poor. That is why ITC has to be people - centred, by an adequate regulatory framework and by functional institutional mechanisms of the world market, able to address the pending issue of matching economic efficiency with social justice and equality. Thus, we should involve in this process the main stakeholders, the government, the private sector and civil society.

 The age that we are living in is not only one of the access to information but also one of a permanent search for the balance between the imperatives of the economy and the needs of the society. It can be done only by our joint efforts, guided by key words such as: affordability, universal access, transparency, sustainability and connectivity.

 Romania is ready for this.